Un peu ''d'histoires'' à partager

CE JOUR LA : Un MIRAGE IIIC rose bonbon au 2/10 Seine Cercle de Chasse de Paris

Il y a des histoires qui restent dans les annales, et qui perdurent au fil du temps. Celle-ci est digne des plus grandes rivalités entre les escadrons « adversaires ».
Lors d’une soirée en 1979, alors que la fête de la St Eloi battait son plein sur la base aérienne 110 de Creil, des personnels de la mécanique de l’Escadron de Chasse 1/10 « Valois », et avec l’accord du chef de l’escadron, décident de jouer un petit tour aux aviateurs de l’Escadron de Chasse 2/10 « Seine ».
En effet, en une nuit, toutes les personnes qui participaient au canular repeignirent le Mirage IIIC n°55 et immatriculé 10-RO, en couleur… rose bonbon ! Et avec de solides moustaches qui partaient de la pointe radar…

Pour réussir cet exploit, les farceurs avaient reçu la complicité de plusieurs personnes, comme celle de l’officier de permanence, pilote au 1/10, qui réussi à distraire l’autre officier de permanence appartenant au 2/10 ; les Forces Aériennes Stratégiques, qui prêtèrent leur emplacement sur la base aérienne 110 ; ainsi que les commandos de l’air, qui sortirent du hangar l’appareil qui allait recevoir sa nouvelle couleur.

Le lendemain matin, alors que les pilotes devaient rejoindre les avions pour partir en mission d’entraînement, grosse panique au sein de la base aérienne : un appareil avait disparu ! Toute la base se lança à la recherche de l’avion, et comme cette dernière était recouverte d’un épais brouillard matinal, la visibilité était très faible. 09h00, rien. 10h00, toujours rien. 11h00, on cherche encore. Ce n’est que lorsque le brouillard se dissipa en fin de matinée que le commandant de la base aperçu l’appareil, à quelques mètres seulement de son bureau !

Pas le choix. Le boss du 2/10 Seine décolle donc ce matin là avec l’avion peint en rose et les moustaches légendaires qu’il portait… Ca va faire le tour de toute l’Armée de l’Air très vite…
On pourrait croire que l’histoire se termine là… et bien non ! Car le « Seine » tenait absolument à prendre sa revanche :

En janvier 1980, alors que les deux escadrons « 2/10 Seine » et « 1/10 Valois » étaient en campagne de tir sur la base aérienne 126 de Solenzara, en Corse, se fut au tour du 2/10 « Seine » de jouer un tour au « Valois » et d’obtenir, enfin, sa vengeance. De quelle façon ? Tout le mobilier de l’EC 1/10 « Valois » est alors tout simplement et bonnement déplacé sur le terrain de foot de la base aérienne en une seule nuit…

Mais ne voulant pas finir sur une défaite, le 1/10 décida alors de répliquer lors de la St Eloi de la même année. Des aviateurs malins du 1/10 décidèrent alors de murer le bureau du patron du 2/10, en y enfermant quelques poules… Des rivalités entre escadrons, amicales et toujours plaisantes à conter aux plus jeunes et aux passionnées, qui font perdurer les traditions et le «spirit» au sein des différentes générations d’aviateurs dans l’Armée de l’Air française.

Un moment très particulier et vécu…

Jean-Marie

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Anecdote toujours sympathique :slight_smile:

C’est un fait d’arme assez courant dans l’armée américaine lorsqu’un avion d’un escadron se porte sur le mauvais porte avion:


tel ce Banshee


ou encore ce pauvre corsair


ce panther


ou ce phantom…

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Merci de la particip :wink: :wink: :wink:

Quelques images avec quelques cheveux de plus… :smiley: :smiley: :smiley:

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Devant le 55 redevenu normal après le rose bonbon…

Il y avait aussi l’anecdote de Spitfire roses qui avaient été peints ainsi pour se fondre dans les nuages, notamment à certaines heures au lever de soleil

spit1210

dyn00210

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Ah oui, les spitfires qu’on confond avec les nuages ça me rappelle une anecdote très récente d’ailleurs…

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C’est génial de nous faire participer !!
Merci pour ces anecdotes :slightly_smiling_face::+1:

Et oui et au 2/10 Seine, on rigole… Un des pilotes de l’escadron, dit Bebel… a peint en lettres inversées sur son casque comme font les ambulances : TOO LATE THAT’S BEBEL…

Je ne savais pas ceci… excellent…

5 Novembre 1982 à Verneuil en Hallatte (Oise).

Soudainement, tout le 2/10 Seine ou presque se pose en catastrophe en pleine matinée de vols et nous récupérons les IIIC les uns derrière les autres sur le Tarmac de la base de Creil. Le Commandant de Gaudemaris vient de s’éjecter sur le Mirage III C N°51. Panne moteur en IMC donc sans visi.
Il va bien avec moins 4 cm sous la toise constatés plus tard. Ca c’est l’éjection. Ca comprime un poil la colonne vertébrale…
Il a de la chance il a pu se poser sur le stade municipal avec quelques manoeuvres de son parachute. Il replie tout son bazar et comme pas de portables à l’époque il entre chez le premier commerce qu’il trouve, avec tout son barda. C’est chez le coiffeur du village. ‹ ‹ Bonjour, je peux passer un coup de fil, c’est assez urgent › ›. Le coiffeur hallucine… il a évidemment raté un épisode…
de Gaudemaris appelle la Base de Creil qui est déjà rouge vif ayant perdu un Mirage III…
‹ ‹ Je suis chez le coiffeur à Verneuil › ›. A l’autre bout y’a un mec bien discipliné qui dit : ‹ ‹ Ok mon Commandant mais cette info ne me concerne pas… › ›
Bref… ils se mettent d’accord.
Le III C est encastré au 51 de la rue Victor Hugo. La propriétaire est pile partie chercher ses enfants à l’école pour midi. Elle revient avec un Mirage IIIC au milieu de la maison, dont la pointe est dans le séjour…
Le siège éjectable est tombé dans la boulangerie de Verneuil, perforant le toit et est passé dans le four à pain, laissant très dubitatif le commis boulanger qui se trouvait là, heureusement sans blessures.

Ainsi allaient les aventures du 2/10 Seine…! On a juste eu droit à un we planté pour récup de tous les morceaux de l’avion dans cette pauvre maison…

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Et tout va bien aujourd’hui au 51 de la rue Victor Hugo :-))))